Système de transmission

22-12-2006. Par Patrick.

Le Premier ministre, M. de Villepin, vient de passer 17 heures d’audition en tant que témoin dans une sombre affaire de manipulation informatique (toujours l’informatique qui pose problème). Pour rester malgré tout aux commandes et à l’écoute des affaires du monde pendant l’audition, le Premier ministre a fait déployer le système de transmission mis à sa disposition en cas de besoin. Le système de transmission consiste en … un téléphone, un fax et une personne pour prendre les messages.

On reste admiratif devant le déploiement d’un tel faste technologique. On espère que la personne a pu prendre son temps de pause, mais alors qui prenait les messages ?

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Wozu Beckett ? Essentiel.

20-12-2006. Par Patrick.

C’est le premier mot de la question que posait Hölderlin, Wozu Dichter in dürftiger Zeit, ou à quoi bon des poètes en un temps de manque.

Cette question a été posée en 1977 à plusieurs écrivains par J.-C. Bailly et P.-A. Baatsch. Les réponses ont été compilées dans un ouvrage collectif édité par le Soleil Noir.

La réponse de Beckett est à son image, lapidaire: “Cher Monsieur, Wozu? Je n’en ai pas la moindre idée. Pardonnez-moi. Cordialement à vous.” Beckett à la question “Pourquoi écrivez-vous ?” répondit “Bon qu’à ça.” Beckett essentiel, qui nous rappelle sans cesse à notre finitude et qui a extrait des mots leur véritable substance.

Merci à Remue.net, un fabuleux site sur la littérature.

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Coïncidences ou plutôt réceptivité aiguisée

19-12-2006. Par Patrick.

Un petit livre m’a accroché le regard, à l’instar du sujet qu’il traite, la reconnaissance et le regard. Max Milner, Rembrandt à Emmaüs, paru cette année chez José Corti: cet éditeur précieux sait attirer l’oeil. La couverture reprend une reproduction d’un tableau de Rembrandt exposé au Musée Jacquemart-André à Paris. Le tableau a été peint en 1628 par le jeune Rembrandt, il est le premier d’une série de toiles, d’esquisses ou d’eaux-fortes que le peintre a consacrés tout au long de sa vie au thème des Pèlerins à Emmaüs. Ce thème est important dans la peinture et dans la symbolique chrétienne parce qu’il parle de la reconnaissance (établir le lien avec) qui ne se fait pas de prime abord (le Christ chemine après la résurrection avec les deux pèlerins qui ne le reconnaissent pas) et du regard. Petit à petit la lumière fait jour, le regard des pèlerins s’ouvre, la reconnaissance arrive avec la stupeur et l’adoration, pendant que Jésus disparaît. Comment faire pour rendre ce double mouvement, reconnaissance et révélation, en peinture. La mise en scène du premier tableau de 1628 est saisissante parce que assez éloignée des canons, qu’on retrouvera plus tard dans deux autres peintures de Rembrandt (une d’entre elles est peut-être de son atelier) qu’on peut voir au Louvre (1648 et 1660). Voir aussi le tableau du Véronèse sur le même thème dans le même musée.

Je parle de coïncidences parce qu’en allant voir les tableaux au Louvre, je suis tombé dans une salle sur le film de Samuel Beckett, Film, 1966 rarement projeté. Film suit un homme de dos, qui se retrouve dans une pièce délabrée; il ferme les rideaux déchiré pour ne pas être vu, il recouvre d’un drap le miroir, l’aquarium et la cage d’oiseaux, pour éviter le regard, le sien et celui des animaux. Soudain la caméra se plante devant lui, assoupi. Il se voit ou il voit, il porte un regard sur lui-même ou sur un autre (la caméra). Il s’évanouit de stupeur. La problématique du regard analysée par le livre de Milner à travers la peinture de Rembrandt et de la parabole des Pèlerins d’Emmaüs, aperçue dans un film rare à côté des tableaux, dans un musée qui place le regard au centre de son expérience, réceptivité aiguisée ou coïncidences ?

Photogramme tiré de Film par hidden side sur Flickr.

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Route One / USA par Robert Kramer

5-12-2006. Par Patrick.

Robert Kramer est un cinéaste engagé américain dont le travail, très personnel, ne se situe ni du côté d’Hollywood ni du côté expérimental. Il qualifie lui-même son travail d’oeuvre en devenir - “one ’story’ in a continual process of becoming”. Dans les années 80, il s’est installé à Paris. Il est mort soudainement en 1999 à l’âge de soixante ans.

Route One / USA est un documentaire qui mêle une certaine fiction à la réalité. Le film est un montage de séquences prises dans plus de 65 heures de tournage. La Route One est une de ces routes mythiques des Etats-Unis, celle qui longe la côte Est des Etats-Unis du Maine à Key West. Le cinéatse suit un homme, un médecin (”Doc”),qui revient dans son pays après avoir passé des années en Afrique. Doc décide de suivre la route afin de se reconnecter, de sentir son pays à travers les paysages et les gens. Désabusé, mélancolique, il retrouve ici et là certaines de ses connaissances ou des lieux qu’il a fréquentés, jeune. Il n’y a pas d’explications réelles ou didactiques, pas de temporalité (les images peuvent donner une indication de la saison), pas de conclusion. Le travail est en marche, work in progress. Doc est un personnage attachant, profond, à l’écoute des personnes qu’il rencontre, quelle que soit leur condition, l’alter-égo de Kramer, tel qu’il le dit lui-même. A ma surprise, Doc est un personnage de fiction complet. L’acteur, Paul mcIsaac est remarquable de sobriété.
Robert Kramer, à découvrir ou redécouvrir, loin des sentiers battus. Voir le site windwalk.net à son propos.

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Antoine Compagnon au Collège de France

1-12-2006. Par Patrick.

Antoine Compagnon a donné sa leçon inaugurale hier soir au Collège de France dans le cadre de la Chaire de littérature française moderne et contemporaine. Il va entamer son cours dès mardi prochain le 5 décembre à 16h30 dont le thème sera “Proust, mémoire de la littérature”. Pour rappel, les cours de Collège de France sont libres d’accès.

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