Regis Jauffret, microvidéos
Régis Jauffret vient de recevoir un prix littéraire, celui de France Culture/Télérama, pour son dernier livre, Microfictions, paru chez Gallimard. Jauffret était aujourd’hui dans l’émission de Ali Badou sur les Matins de france Culture. J’aime d’ailleurs que les radios invitent les écrivains.
Jauffret manie l’ironie et le grinçant dans son oeuvre, jusqu’à donner au lecteur un étrange mélange de de malaise, d’irritation et de fascination. Il poursuit son oeuvre depuis longtemps avec obstination et détermination. Microfictions, des petites tranches de vie sur une page, ordonnées alphabétiquement. Petit aparté, par rapport à cette forme de roman, il semble que les écrivains sud-américains en soient friands. On peut penser aux Centuries de Manganelli, ou aux Crimes Exemplaires de Max Aub. La palme de la concision revient à Augusto Monterroso, avec sa nanofiction vertigineuse, le Dinosaure: “Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là.”
Régis Jauffret propose un autre travail au plus près du réel avec les microvidéos réalisées par lui, postées sur son site. En fait il prolonge son livre. Il interviewe des écrivains, des gens en bas de chez lui, des déclassés. Comme il le dit lui-même, les questions qu’il pose n’ont pas d’intérêt (une question peut contenir la réponse qu’elle attend), ce qu’il veut c’est que la personne en face de lui parle.