Mai 68, la cible de la réaction

2-05-2007. Par Patrick

Grande offensive du candidat de l’UMP contre Mai 68, mouvement responsable de tous les maux de la France. Vieux couplet éculé d’une droite conservatrice et réactionnaire. Après avoir utilisé les immigrés et les assistés, la France qui travaille et celle qui dort, il restait Mai 68 qui a eu l’audace de bousculer, de réveiller une société ankylosée, qui somnolait, satisfaite d’elle-même et de son orde bien établi, engoncée dans son train-train économique florissant (rappelez-vous l’éditorial de Viansson-Ponté “Quand la France s’ennuie” publié dans le Monde du 15 mars 1968) mais ne voyant pas l’évolution du monde autour d’elle, ni les aspirations de sa jeunesse, comme toujours. Tout soulèvement a besoin d’aller au bout des choses, il y a eu des excès et les meneurs de l’époque sont les premiers à le reconnaître (de là à ce que certains aujourd’hui tournent casaque pour embrasser ce qu’ils brûlaient hier, le chemin me semblait long, mais pas du tout, toute époque a ses opportunistes et ses traîtres). Et ce ne sont pas que les étudiants qui se sont soulevés. Malgré la réaction du gouvernement et la reprise en main en juin 68, la société dans son ensemble a pu profiter des réformes majeures demandées par le mouvement.
Ségolène Royal a dans son discours de Charléty fustigé les propos du candidat de l’UMP. Un moment particulièrement piquant de son discours :

“[Nicolas Sarkozy] veut sans doute redéfiler sur les Champs-Elysées mais le Palais Omnisport de Bercy, ce n’est pas la remontée des Champs-Elysées. Doc Gyneco, ce n’est pas André Malraux ! François Mauriac, ce n’est pas Bernard Tapie ! Et Monsieur Sarkozy, ce n’est pas le Général de Gaulle ! Alors il faut garder son calme, son sang-froid et réformer la France avant qu’elle ne se soulève. La société d’alors voulait le dialogue et la participation, on lui a répondu par la force ; et que le candidat de la droite relise donc le Général de Gaulle ! Ce sont ses propres analyses et elles se situent – reconnaissons-le – à une autre altitude.”

Le dernier mot est particulièrement savoureux.

Bizarrement, il y a eu peu d’attaques contre un autre mois de mai, mai 81 et l’élection de Mitterrand. Je présume que le nombre de boucs emissaires utilisés par Nicolas Sarkozy suffit pour ratisser large.

société, Politique. No Comments.

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