Oser le pari

4-05-2007. Par Patrick

Dans deux jours, les Français auront décidé de l’avenir de leur société. Même si les élections législatives à venir peuvent venir troubler le jeu, il reste que le choix du chef de l’Etat conditionne la politique menée tant ses pouvoirs sont étendus.

La décision à prendre est réellement celle d’un choix entre deux conceptions de la société, du vivre-ensemble et la construction du monde à venir. Sans revenir sur les détails des programmes, on voit que s’affrontent d’un côté la vision d’une société fermée sur elle-même, qui a peur de l’autre, l’étranger, qui est assise sur ses privilèges et sur un néo-conservatisme “compassionnel”, dans lequel les antagonismes binaires sont élevés au rang de programme politique (bien/mal, inné/acquis, fainéant/méritant, chômeur/travailleur, profiteur/majorité silencieuse, tôt/tard, eux/nous, etc.) et de l’autre celle d’une société qui reconnaît que l’ouverture, le cosmopolitisme, la jeunesse sont les atouts sur lesquels il faut construire et investir, qui veut la paix sociale, garante du progrès, et la recherche du bien public, qui comprend que les problèmes sont complexes, liés entre eux et nécessitant une nouvelle approche des rapports entre les forces impliquées.
Plusieurs démocraties occidentales viennent de lâcher la droite néo-conservatrice qui était au pouvoir (Italie, Espagne); les Américains eux-mêmes n’en peuvent plus de leur leader, du monde qu’il a contribué à élaborer dans les dernières années. Les Français peut-être par souci de contradiction voudraient aller à contre-courant de cette tendance ? la réaction est malheureusement toujours forte.

La candidature de Ségolène Royal n’apporte pas toutes les réponses à toutes les questions, elle esquisse souvent des pistes pour construire la société qu’elle appelle de ses voeux. Nicolas Sarkozy donne des réponses à tout. Il mâche le travail, ne pensez pas, je m’occupe de tout et surtout de ceux qui viendraient se mettre en travers. Il sait tout, en bon pilier de comptoir. Le bon sens, la tautologie sont les ferments de son discours.

On l’aura compris, il faut maintenant oser, oser le pari d’une société ouverte et en devenir. Il faut voter Ségolène Royal. Et c’est ce que je ferai.

société, Politique. No Comments.

Aucun commentaire

Soyez le premier à commenter !

Laissez une réponse

Trackback URI