L’affaire Makropoulos
Opéra en trois actes de Leos JANACEK d’après la comédie homonyme de Karel CAPEK (1922). A l’Opéra Bastille jusqu’au 18 mai.
Un opéra à découvrir pour sa musique comme pour le thème du livret: C’est la brièveté de la vie qui en fait son prix.
Une femme, contrainte d’avoir bu un filtre magique, vit depuis plus 300 ans. Le mythe de l’immortalité est habilement introduit par des extraits de films qui commencent avec la mort de Marilyn Monroe, puis qui la présentent radieuse et sensuelle. Cette technique, qui dans un premier temps m’avait agacée par son côté immédiatement séducteur, s’est avérée efficace et l’Emilia Marty incarnée admirablement par Angela DENOKE n’a rien à envier aux stars hollywoodiennes (la voix en plus). L’opéra est également ponctué d’extraits du Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard) avec Gloria Swanson, star déchue du muet vivant dans le fantasme de son grand retour sous les projecteurs. Une réserve cependant pour ce King Kong grandeur nature qui a mon avis, n’a pas grand chose à faire ici, si ce n’est d’accentuer le mythe hollywoodien de la monstrueuse séduction. Des réserves aussi pour la scène située dans les toilettes, la star assise sur la cuvette, l’homme se trainant devant les urinoirs. Cette scène ne choque probablement plus personne (et encore sait-on jamais!) et me semble inutile à la beauté des voix et de la musique.
L’affaire Makropoulos est à voir, à écouter, à lire. L’écrivain Tchèque Karel CAPEK (1890-1938) spécialisé dans la science fiction naissante est notamment à l’origine du mot robot (RUR) et passionné par l’homme-machine et l’homme immortel.
Sur le site de l’Opéra national de Paris, vous trouverez, outre les informations pratiques complètes, un texte à lire avant de réserver pour le spectacle: http://www.operadeparis.fr/Saison-2006-2007/A-lire.asp?Id=1018
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