Néolibéralisme

4-05-2007. Par Marie Ferran.

Les électeurs français ont-ils vraiment besoin de nager avec les requins Anglo-saxons?

Cette interrogation est celle de William KEEGAN dans The Observer du 20.04.07, (p.40, Do French voters really need to swim with Anglo-Saxon sharks?). Keegan se base sur une étude du Cambridge Journal of Economics par Micha PANIC. Ce dernier montre dans un tableau incluant des données comme le panier de la ménagère, l’espérance de vie, la sécurité économique, la population carcérale, la confiance sociale, que les meilleures économies industrielles pour le début du XXIe siècle sont celles qui s’éloignent le plus du modèle néolibéral! En conclusion: quand les pays flirtent avec le néolibéralisme, leur économie commence à connaitre des problèmes. Je vous renvoie à cette étude d’un spécialiste de la Banque d’Angleterre (Bank of England). Keegan dit encore que ce que les Français cherchent chez un président, c’est un meneur calme et digne et non pas quelqu’un d’agité comme Sarkozy (so frenetically disturbing). A méditer.

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Oser le pari

4-05-2007. Par Patrick.

Dans deux jours, les Français auront décidé de l’avenir de leur société. Même si les élections législatives à venir peuvent venir troubler le jeu, il reste que le choix du chef de l’Etat conditionne la politique menée tant ses pouvoirs sont étendus.

La décision à prendre est réellement celle d’un choix entre deux conceptions de la société, du vivre-ensemble et la construction du monde à venir. Sans revenir sur les détails des programmes, on voit que s’affrontent d’un côté la vision d’une société fermée sur elle-même, qui a peur de l’autre, l’étranger, qui est assise sur ses privilèges et sur un néo-conservatisme “compassionnel”, dans lequel les antagonismes binaires sont élevés au rang de programme politique (bien/mal, inné/acquis, fainéant/méritant, chômeur/travailleur, profiteur/majorité silencieuse, tôt/tard, eux/nous, etc.) et de l’autre celle d’une société qui reconnaît que l’ouverture, le cosmopolitisme, la jeunesse sont les atouts sur lesquels il faut construire et investir, qui veut la paix sociale, garante du progrès, et la recherche du bien public, qui comprend que les problèmes sont complexes, liés entre eux et nécessitant une nouvelle approche des rapports entre les forces impliquées.
Plusieurs démocraties occidentales viennent de lâcher la droite néo-conservatrice qui était au pouvoir (Italie, Espagne); les Américains eux-mêmes n’en peuvent plus de leur leader, du monde qu’il a contribué à élaborer dans les dernières années. Les Français peut-être par souci de contradiction voudraient aller à contre-courant de cette tendance ? la réaction est malheureusement toujours forte.

La candidature de Ségolène Royal n’apporte pas toutes les réponses à toutes les questions, elle esquisse souvent des pistes pour construire la société qu’elle appelle de ses voeux. Nicolas Sarkozy donne des réponses à tout. Il mâche le travail, ne pensez pas, je m’occupe de tout et surtout de ceux qui viendraient se mettre en travers. Il sait tout, en bon pilier de comptoir. Le bon sens, la tautologie sont les ferments de son discours.

On l’aura compris, il faut maintenant oser, oser le pari d’une société ouverte et en devenir. Il faut voter Ségolène Royal. Et c’est ce que je ferai.

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Mai 68, la cible de la réaction

2-05-2007. Par Patrick.

Grande offensive du candidat de l’UMP contre Mai 68, mouvement responsable de tous les maux de la France. Vieux couplet éculé d’une droite conservatrice et réactionnaire. Après avoir utilisé les immigrés et les assistés, la France qui travaille et celle qui dort, il restait Mai 68 qui a eu l’audace de bousculer, de réveiller une société ankylosée, qui somnolait, satisfaite d’elle-même et de son orde bien établi, engoncée dans son train-train économique florissant (rappelez-vous l’éditorial de Viansson-Ponté “Quand la France s’ennuie” publié dans le Monde du 15 mars 1968) mais ne voyant pas l’évolution du monde autour d’elle, ni les aspirations de sa jeunesse, comme toujours. Tout soulèvement a besoin d’aller au bout des choses, il y a eu des excès et les meneurs de l’époque sont les premiers à le reconnaître (de là à ce que certains aujourd’hui tournent casaque pour embrasser ce qu’ils brûlaient hier, le chemin me semblait long, mais pas du tout, toute époque a ses opportunistes et ses traîtres). Et ce ne sont pas que les étudiants qui se sont soulevés. Malgré la réaction du gouvernement et la reprise en main en juin 68, la société dans son ensemble a pu profiter des réformes majeures demandées par le mouvement.
Ségolène Royal a dans son discours de Charléty fustigé les propos du candidat de l’UMP. Un moment particulièrement piquant de son discours :

“[Nicolas Sarkozy] veut sans doute redéfiler sur les Champs-Elysées mais le Palais Omnisport de Bercy, ce n’est pas la remontée des Champs-Elysées. Doc Gyneco, ce n’est pas André Malraux ! François Mauriac, ce n’est pas Bernard Tapie ! Et Monsieur Sarkozy, ce n’est pas le Général de Gaulle ! Alors il faut garder son calme, son sang-froid et réformer la France avant qu’elle ne se soulève. La société d’alors voulait le dialogue et la participation, on lui a répondu par la force ; et que le candidat de la droite relise donc le Général de Gaulle ! Ce sont ses propres analyses et elles se situent – reconnaissons-le – à une autre altitude.”

Le dernier mot est particulièrement savoureux.

Bizarrement, il y a eu peu d’attaques contre un autre mois de mai, mai 81 et l’élection de Mitterrand. Je présume que le nombre de boucs emissaires utilisés par Nicolas Sarkozy suffit pour ratisser large.

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