Cocorico! Monsieur Poulet

13-06-2007. Par Marie Ferran

Road movie franco-nigérien de Dalarou (pseudonyme pour Damouré Zika, Lam Ibrahim Dia et Jean Rouch) sorti en 1974. Ce film est maintenant accessible en DVD: (http://www.editionsmontparnasse.fr/ID852/DVD/documentaires/histoire-societe/
les-collections/le-geste-cinematographique/jean-rouch-cocorico-monsieur-poulet.html)

Lam est le propriétaire d’une camionnette 2CV qui a connu des jours meilleurs. Il part dans la brousse avec son assistant Tallou pour acheter des poulets pour les revendre en ville. Sur le chemin du départ, ils rencontrent Damouré, un beau parleur attiré par cette opportunité professionnelle et l’emmènent avec eux. Partis pour un jour, ils voyageront plus d’un an. Les poulets, ils n’en trouvent pas, du moins pas au début, mais ils rencontreront bien des surprises, y compris un diable sous les traits d’une femme.

L’idée de départ de Lam pour le film était un documentaire sur son travail de marchand de poulets. Finalement le film s’est transformé en fiction rythmée par les pannes et hoquets de la voiture. Jean Rouch dans un commentaire dit qu’ils riaient tellement que leurs fous rires les empêchaient de travailler. Ce film est réjouissant et les protagonistes d’une ingéniosité à vous couper le souffle. Ils ne se plaignent jamais, trouvent toujours des solutions à des problèmes insolubles comme le passage de la voiture sur le fleuve Niger. Rien n’est triste, ni misérable, face à l’adversité, une leçon d’humanité avec ses petits travers aussi, on est pas dans l’idéalisation, les obstacles sont simplement affrontés au cas par cas et on repart toujours, avec un optimisme à toute épreuve, sans naïveté.

Le DVD comprend également deux documentaires de Jean ROUCH, ethnologue français, élève de Griaule, disparu il y a quelques années:

Bataille sur le grand fleuve (1950, 33 min)

Un film sur la chasse aux hippopotames par les pêcheurs Sorko du fleuve Niger. Ce documentaire est fascinant et d’une grande force. La technique de chasse montrée rejoint celle de la chasse à la baleine décrite avec force détails dans Moby Dick. La préparation des harpons, de la grande pirogue qui doit résister aux morsures du cheval des fleuves, l’approche de l’animal par les frêles pirogues, les attaques aux harpons lestés de cordes avec flotteurs et les coups fatals avec une plus grande lance dans la tête de la bête immense qui se débat jusqu’à son dernier souffle dans des giclées de sang.

Il faut imaginer que Jean Rouch était dans une de ces pirogues et qu’il était limité par sa caméra, des plans je crois de 25 secondes, donc impossible de filmer le tout en un seul plan comme avec une caméra digitale.

Cimetières dans la falaise (1951, 18 min)

L’ethnologue a eu le privilège d’assister à un enterrement au pays Dogon. La scène est belle, poignante, le paysage impressionnant et le rite chargé de sens.

cinéma. No Comments.

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