Badlands - Terrence MALICK
Film de 1973 avec Martin Sheen (Kit) et l’irrésistible Sissi Spacek (Holly). L’histoire est basée sur un fait divers qui a secoué l’Amérique en 1957. Les deux jeunes gens cherchent refuge dans une nature qui ne pourra les protéger de rien. Les paysages et la qualité de l’image contrastent avec la cruauté de Kit ou plutôt son indifférence. Kit et Holly semblent ne rien ressentir de ce qu’ils vivent et ce sentiment d’étrangeté parfaitement rendu est fascinant.
Baudelaire et Nerval: poétiques comparées
Colloque international à l’Université de Zürich. Avec notamment une intervention de Corinne BAYLE, le 26 octobre, intitulée Nerval et Baudelaire: De la fleur bleue du Romantisme à la fleur du “rouge idéal”, professeur à l’Université de Bretagne Occidentale (Brest) et auteur d’une biographie de Nerval à paraître en 2008.
Courbet au Grand Palais
A l’occasion de l’exposition rétrospective la presse a reparlé de l’Origine du Monde, célèbre et splendide petit tableau qui continue très curieusement de choquer les gens par le traitement réaliste du sujet. Je voulais rappeler que ce tableau qui a appartenu notamment à Jacques Lacan est exposé maintenant en permanence depuis plusieurs années au Musée d’Orsay, dans la grande salle dédiée à Courbet dans laquelle on peut admirer aussi l’Atelier du peintre et l’Enterrement à Ornans. Dans cette salle, à gauche en entrant, il n’y a presque personne et on peut y admirer en toute quiétude les tableaux.
A lire ou à écouter: Daniel ARASSE, On n’y voit rien, Denoël, 2000.
La fin du Ramadan
Photo extraite de 20minutes.fr
J’ai posté cette photographie parce que la première fois que j’ai entendu parler du pèlerinage à La Mecque je n’avais aucune idée de ce que cela représentait. Je me demandais à quoi ressemblait la Kaaba, la pierre noire, il fallait tourner autour sept fois, je savais que les pèlerins étaient très nombreux, mais mon imagination ne pouvait pas me fournir de renseignements! Aujourd’hui sur internet je peux trouver les images qui vont avec mes connaissances livresques!
Walid RAAD
I feel a Great Desire to Meet the Masses Once Again- Part I
12-13 octobre 2007, Centre Pompidou, Festival d’Automne.
Spectacle composé de diapositives, d’un extrait de film et d’un récit par l’artiste présent sur scène. Né au Liban en 1967, Walid Raad vit et travaille aux Etats-Unis. Le “spectacle” commence par un récit auto-biographique de l’auteur sur son départ du Liban, son goût pour la photographie y compris celle des évènements violents et se poursuit par la description de son arrestation dans un aéroport, un contrôle de routine qui pourrait tourner au cauchemar à cause de la paranoïa de l’après 11 septembre qui sévit en Amérique. On a envie de rire puis on frissonne avec lui. Après cette aventure Walid Raad se lance dans des recherches très poussées sur une série d’arrestations arbitraires, enquête que les avions fantômes, les tortures et puis se rend compte que ces découvertes, cette réalité-là, il doit la dépasser, qu’un récit journalistique ne peut suffire à appréhender la réalité. Qu’il lui faut trouver un autre moyen pour parler de ces évènements. Un travail à venir et à suivre …
Où est l’amour dans la palmeraie? Jérôme le Maire
Film diffusé (Maroc/Belgique, 85 min) hier en présence du réalisateur dans le cadre de la 16e quinzaine du cinéma francophone du 3 au 16 octobre 2007 au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Jérôme, sa femme et ses deux filles ont vécu dans une palmeraie isolée au sud du Maroc pour partager le quotidien avec les habitants et s’immerger dans une autre culture, peut-être trouver une autre manière de vivre. A partir de cette expérience, Jérôme construit un documentaire subtil et respectueux à la recherche de l’amour, de la notion d’amour dans la palmeraie pour les hommes et les femmes de différents âges. Cette quête mène à la rencontre d’une culture qui habituellement se livre difficilement et qui nous est donnée ici par touches avec fraîcheur, liberté, pudeur et franchise. Un film précieux à découvrir.
Site internet de Jérôme le Maire: www.douar-tajanate.com
Poutine posera-t-il pour le calendrier des pompiers 2008?
Voir le commentaire de Gérard Lefort dans Libération (6 oct.) sur une photographie parue dans la presse où l’on voit le président russe se promener torse nu en godillots et pantalon de camouflage militaire le long d’une rivière!
http://galeriedephotos.cyberpresse.ca/index.php?t=Black&a=750&m=cp
Pourquoi tant d’AD haine ?
Le Sénat, après avoir fait son petit rebelle, est rentré dans le rang et a voté la future loi sur le contrôle de l’immigration, contenant une disposition sur le test ADN. Même “édulcoré”, pour le rendre soi-disant humain, cet amendement est et reste inacceptable.
La tactique utilisée par le gouvernement et singulièrement par le ministre de l’immigration et de l’identité nationale pour faire passer cet amendement est un grand moment d’hypocrisie.
- Le projet de loi ne contient pas au départ de référence au test ADN.
- Un député connu pour ses positions extrêmes, Thierry Mariani, introduit en commission cet amendement, comme par hasard.
- Le gouvernement: c’est pas nous, voyez, c’est le Parlement qui débat, qui amende, qui enrichit. Le Parlement a toute latitude pour améliorer les propositions de loi.
- Le gouvernement à nouveau et le ministre, jouant les embarrasés: Pourquoi tant de remous ? Tout le monde le fait, douze pays européens pratiquent les tests ADN. Et puis, selon les engagements pris, nous voulons une politique d’immigration choisie, économique, pas familiale.
- Petite fronde des Sénateurs pour montrer qu’on n’est pas d’accord, que c’est troublant. On peut laisser à certains d’entre eux une vraie prise de position philosophique et de principe.
- On amende l’amendement, le gouvernement dans sa grande sagesse, écoute et propose des “améliorations”, mais finalement se réjouit de le faire passer.
- Résultat: on s’achemine vers une commission mixte paritaire pour l’adoption de la loi, qui passera, puisque la commission est à majorité UMP et qu’un recadrage des états d’âme des uns et des autres a été fait récemment.
Bien joué.
Pourquoi n’est-ce pas acceptable ?
L’époque est à la stigmatisation de l’autre, de celui qui jouirait de privilèges particuliers ou qui profiterait du système sans contre-partie. L’époque est à la reprise en main, au redressement et au contrôle illusoire. On parle de non-repentance, du refus de la haine de soi, mais quand est-il de la haine de l’autre si bien magnifiée par une procédure dégradante, le test ADN, qui va, dans le cas qui nous occupe (je ne critique pas le recours à l’ADN dans les affaires criminelles qui ont pu aussi sauver des gens de la chaise) au plus profond de l’homme chercher une soi-disant certitude, qui met en doute sa parole ? - Des abus il y en a, il y en aura (et ce ne sont pas forcément les plus humbles qui les commettent) : Et alors ?
Tout le monde sait qu’une fois cette loi passée, et même si le Premier ministre proclame la main sur le coeur que toutes les dispositions ont été prises pour assurer un respect de la lettre et de l’esprit, la loi est là, la procédure validée et la porte grande ouverte à d’autres aménagements encore plus restrictifs.
La conception même de la famille est mise à mal, si on ne la raccroche qu’à l’aspect biologique, primaire, à notre époque. Le droit du sang ne rime à rien. La famille moderne est une construction.
L’utilisation de tels tests par d’autres pays européens, démocratiques est un faux argument. Devrait-on à tout prix copier les erreurs des autres ? Devrait-on revenir sur la peine de mort sous prétexte que le plus grand pays démocratique du monde la tolère encore ?
Liberté …
France : “Liberté, Egalité, Fraternité”
Il en est qui sont plus égaux que d’autres, ce n’est pas nouveau, mais cela se précise grâce à l’ADN. On arrête pas le progrès!
Belgique : “L’union fait la force”. On cherche l’union depuis les élections!
RUHE Josse De Pauw
RUHE
Josse DE PAUW
Collegium vocale Gent
24 au 30 sep 2007
Le spectacle est composé d’un mélange de lieder de Schubert et de textes. Ce «concert dramatique» a été conçu par Josse De Pauw. Les spectateurs sont assis sur des chaises réparties en cercles irréguliers, les chanteurs sont assis parmi le public et se lèvent, debout sur leur chaise pour chanter, le public est donc immergé au cœur de la dramaturgie comme les acteurs (Dirk Roofthooft, Carly Wijs) qui s’y promènent. La salle nue de la chapelle de la maison de l’architecture rend le dispositif légèrement oppressant. Les chants d’une grande beauté rendent le spectateur plus vulnérable au texte qui s’annonce composé d’après des témoignages de volontaires hollandais engagés dans la SS. Rien de dramatique, pas d’escalade vers l’horreur, mais plutôt la réalité de la vie quotidienne. C’est la guerre qui donne sens à la vie, à une vie misérable. La camaraderie est mise en avant, la fierté de l’appartenance à un corps. Le tout est ficelé en 1 h 15 min, pas le temps de s’appesantir. Les comédiens ont dit leur texte en français, l’accent est savoureux, dans le cas de Carly Wijs son texte perd peut-être un peu de force, la diction étant plus laborieuse. Dirk Roofthooft est très fort, très à l’aise, hargneux et drôle comme un acteur de tg Stan, une troupe belge remarquable bientôt à Paris au théâtre de la Bastille. Josse De Pauw a commencé comme acteur dans sa troupe « Radeis » (les radis) dans laquelle peu de paroles étaient prononcées, un avantage pour une Belgique bilingue, trilingue. Il offrait par des mimes et quelques accessoires un regard subtil et décalé sur le réel.
Festival d’Automne
Maison de l’Architecture
148 rue du Faubourg Saint-Martin
75010 Paris
01.53.45.17.17